SAGAN 
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Un grand nom de la littérature française. Un parfum de scandale avec "Bonjour tristesse" : "sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse". Un succès foudroyant qui étonne le monde des lettres et choque la bourgeoisie du seizième arrondissement. "Il serait bon que vous changiez de nom", dit le père Quoirez à sa fille Françoise. On ne rigole pas dans les beaux quartiers avec les choses hors normes. Et Françoise est hors tout. Intelligente mais indépendante. Pas vraiment belle mais attirante. Diplômée mais dilettante. "Un charmant petit monstre" dira d'elle, François Mauriac.

De son monde elle gardera les bonnes manières mais elle vivra désormais à sa façon. Ses amis, Chazot, Frank, Peggy, Astrid...un cercle d'intimes dévoués, serviles qui sera à la fois son garde fou et son cerceuil. Personne ne la dissuadera de se droguer, de boire, de fumer....de jouer, gros, très gros. Personne ne lui dira vraiment "je t'aime" les seuls mots qui auraient pu la sauver d'une mort programmée....
C'est cela qui ressort du film de Diane Kurys : un cheminement vers la mort avec drogues, alcools, bolides, casinos et autres futilités. Et c'est cela qui dérange parce que la vie de Sagan ne se résume pas à ça, pas uniquement à ça. Elle a aimé, même si elle n'a pas été aimée en retour. Elle a eu un fils, dont elle s'est occupée. Elle a écrit une oeuvre importante qui reste encore dans les mémoires. Sagan n'était pas cette chose frivole, inconsistante, inconstante que nous montre Diane Kurys.

La prestation de Sylvie Testud est étonnante : elle est une Françoise Sagan plus vraie que nature. Mais ce que la réalisatrice lui fait dire, lui fait vivre est trop loin de la réalité pour qu'on puisse y adhérer totalement. Déception d'autant plus cruelle que le casting est remarquable. Pierre Palmade en Jacques Chazot, Denis Podalydès en Guy Schoeller, Jeanne Balibar en Peggy Roche, Arielle Dombasle en Astrid.....Tous excellents mais Diane Kurys a pris le parti de démolir Sagan, de ne lui laisser aucune chance. De l'accompagner jusqu'à sa mort. Un enterrement de première classe certes mais l'auteur de "Chateau en Suède", La robe mauve de Valentine" et autres petites musiques du coeur méritait mieux. Un hommage un peu plus chaleureux, un peu plus humain, hors des clichés qui ont poursuivi cette femme toute sa vie.Elle a eu une vie aussi et c'est ce qu'on attendait de ce film. Dommage.
Pascal Mathieu

Sagan
Comédie dramatique de Diane Kurys. Avec Sylvie Testud, Pierre Palmade, Lionel Abelansky, Jeanne Balibar, Denis Podalydès, Arielle Dombasle. 2008 1h55

Bonjour tristesse a été publié en 1954 chez Julliard